samedi 4 octobre 2008

Récit d'un voyage pas comme les autres (2/2)

Le train donc...J'essaie de garder une certaine continuité...C'est pas évident...Don j'vais d'un pas hésitant vers la gare de Maidstone, (sûrement car mes bagages m'empêchent de courir le 100m). Un guichet ouvert, cinq personnes devant moi. Un bref regard à l'écran et je sais que j'ai 40 minutes pour prendre mes billets, ca va le faire. Une fois guichet, je dis au gars d'être sympa car j'suis paumé...(Il a tenté de l'être mais son pur accent de ouf' m'a fait rater les blagues...Zut!) et du coup je me retrouve à remplir un formulaire pour la Young Person Railcard...Et de me retrouver bouté du comptoir car les autres derrière attendaient. Pfff. Peu importe, je remplis tout, je refais la queue, et j'finis enfin par reparler à mon gugusse. Et la, il me demande si sur la carte d'identité c'est bien moi (ca je peux comprendre) et qu'il n'avait jamais vu de carte d'identité Française auparavant. Incrédule, il me demande si tous les Français en ont; je me déboite pas et d'un ton ferme, je lui réponds: "Oui." (ca en jette hein?) Et donc j'ai enfin mon St Graal, mon billet pour Stowmarket. Je remballe tous mes bagages sur mes épaules, ca devient très lourd. Mais peu importe, je dois rejoindre le quai 1. Quoi qu'il en coute. Et donc, après une ballade ereintante d'au moins quarante secondes, j'atteinds le quai 1. HOURRA!!! Je pose mes bagages et j'observe cet environement.

Des rails. Pas propres. Ca commence. Un quai blindé de monde. Ca promet. Pas de train en gare. La peur grandit. Un écran de contrôle. Rassurant. Encore des Anglais sur le quai, ils sont partout ou quoi? Bon, j'me lance, à corps perdu, dans une discussion avec un bonhomme qui porte un maillot de foot du Brésil. Ca doit être un gars du coin me dis-je, il saura me renseigner. Et bien OUI!! Ce globe trotteur a su avec précision me perdre un peu plus dans ses explications, mais heureusement une Lady qui écoutait mine de rien ce qu'on disait se joint à la conversation, et j'arrive à comprendre la marche à suivre. Et non, le monsieur ne parlait pas Portugais, il parlait l'anglais et m'expliquait juste quels trains je ne devais pas prendre...Facile non?

Je monte enfin dans mon train qui vient d'arriver. Je regarde l'état du wagon, fort propre ma foi mais bondé. Mais calibre James Bondé. Genre pas de place assise. Mon regard se porte sur la cabine par laquelle j'étais entré, et là deux sièges handicapés. Et même avec l'handicap de 50kgs sur le dos, j'me dis que ca ne serait pas ma place. Donc j'continue à prospecter et là, juste à coté des chiottes, un siège qui aurait pu être baptisé 'reclus de la société only' me tend les bras (pour info, les toilettes étaient deux fois plus spacieuses que ma place). Je m'y jette dedans avec volupté car j'voulais juste m'asseoir, moi. Le train part. Direction Charing Cross Station à Londres. Tout se passe à merveille dans le train...Plus de batterie de téléphone, mon Ipod déchargé pour aucune raison...Bref. Tout le monde qui passe pour aller aux toilettes est sympa, discute, ca fait plaisir. Ma nouvelle vocation: que les gens oublient qu'ils sont en train de se pisser dessus le temps que les toilettes se libèrent. Mais voir des inconnus sympa, ca fait plaisir, sérieux. Et donc arrive mon meilleur ami du jour, le controleur, qui après de maladroites explications me transmet un itinéraire complet avec heure et lieu de départ! J'étais über-joyeux!!

Le train arrive à Charing Cross, je vois de loin un grand dôme, j'me dis que j'suis sois à Londres, soit paumé à deux pas du Taj Mahal. Mais j'opte pour la première solution car j'aime pas les emmerdes.

Et là en sortant, j'ai deux solutions: métro Londonien ou taxi...Taxi ou métro? 50kgs de bagages, 7 millions d'habitants à gérer, ca pèse un peu dans la balance. D'ou mon choix du taxi. Z'êtes pas fous non? Le métro??? Mouahahaha, pas moyen. J'essaierai plus tard quand j'aurai le temps de me paumer. Ma correspondance ne m'attendrait pas, elle. Aussi, je hêle un taxi qui s'avance (essayez, ca marche!) et je n'ai pas le temps de dire saperlipopette en dix langues différentes que mes bagages sont dans la voiture avec moi dedans aussi. Magique. J'attache ma ceinture, et c'est partiiiiii!!! Oh la, j'vais être malade rien que d'y penser. De deux choses l'une, soit ce gars était un pilote de génie, soit j'ai frolé la mort plusieurs fois. C'est que ca roule à Londres! Et je redécouvre les merveilles de Londres après huit ans...Mais pas le temps de prendre de photos, il allait trop vite pour la mise au point.

Et le temps de dire "Londres est la plus belle ville du monde" en 8 langues différentes, j'étais rendu à Liverpool Street Station, allégé de 12£. Mais ca valait le coup! Je rassemble bagages et mon courage, et j'm'engouffre dans un superbe hall! Gosh! Mon train part dans une demi-heure, je gère à bloc! J'attends le numéro de voie, qui arrive genre dix minutes avant, et j'm'engouffre sur mon quai parmi tous les morts de faim qui ne voulaient pas me laisser passer avec mes bagages. Une fois les vingt sept wagons de première passés, (nombre approximatif, y en avait ptet vingt-huit) j'tombe sur un deuxième classe. J'me faufile dedans avec la grâce du rhinocéros. Je dépose mes bagages et juste à coté, une place libre à coté d'une dame d'un certain âge. JE SQUATTE. UN SIEGE!!! vous avez pas idée comme j'ai pu l'idéaliser ce dernier siège avant l'arrivée!

Et la dame, comme tous les anglais à qui j'ai pu parler, fut extremement polie et nous discutâmes jusqu'à la sortie de sujets divers et variés comme la récession, Carla Bruni (ils aiment les people eux) et Sarko, le tourisme dans le coin, Les Jeux Olympiques de Londres, d'architecture, bref j'me suis pas ennuyé.

Arrive enfin la gare de Stowmarket. Je descends avec mon semi-quintal de bagages, et je suis enfin réceptionné, quel bonheur les enfants! J'vais enfin pouvoir m'écrouler dans une voiture. Ou pas. Je suis donc escorté à pied, de ma proprio, Angela, et de son fils Bradd. (La famille viendra au cours d'un prochain article) et donc nous marchons gaiement depuis la gare jusqu'à chez eux (qui est maintenant techniquement aussi chez moi) et ce fut un soulagement que de passer le pas de la porte.

Le reste viendra dans un nouvel article, mais dans l'essentiel à retenir du trajet, j'ai eu du bol. ET MILLE MERCIS à tous ceux qui ont contribués à cela. Mille et un mercis à Anne Laure car elle m'a un peu plus aidé que les autres :D

Allez sur ce, j'ai une vie à vivre, et vous feriez mieux de vous y remettre aussi, car pendant ce temps, la France stagne. Et moi, j'ai mieux à faire que de la remettre debout. J'vous préviens, quand je reviens, ca a intérêt à être nickel. A bientôt mes amis!

5 commentaires:

Clofée a dit…

Le style est bien plus fluide que le long article précédent, bravo. J'ai hâte de lire le récit sur la famille tient. Et les origines de Jean-Nevis.

Anonyme a dit…

Et cette maison? C'est le gros chateau ou la petite bicoque à côté?
J'ai hâte de savoir...

@tom a dit…

c la grosse bicoque a coté :D Des photos devraient pas tarder

Clofée a dit…

Fais attention, à vivre dans le luxe et la bourgeoisie tu vas nous revenir changé et imbuvable. Et là je dis "PERUK!!".

Tu devrais plutôt passer du temps à parler de dieu avec ton homologue teutonne.

Condoléances.

@tom a dit…

en sachant que j'suis invité à me mettre minable comme eux plus ou moins à chaque soirée, je risque en effet de revenir changé--Euh, chargé.

Mais je suis raisonnable comme toujours, pas plus de 5 bières par soir.

Pourquoi pas plus? Paaaasque!!

Pis Dieu il est snob. Pas comme mes amis anglais.